Neurologie 6 min de lecture· 7 novembre 2026

VPPB : diagnostic et manœuvres de repositionnement en pratique

Le VPPB est la première cause de vertige récurrent de l'adulte. Cette fiche résume la démarche diagnostique, les manœuvres de repositionnement et les situations imposant un avis spécialisé.

Par L'équipe médicale Hippocrate MG

Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé. Ne constitue pas un avis médical personnalisé ni un dispositif médical. Référez-vous aux sources officielles citées.

Points clés

  • ✓Le VPPB est un diagnostic clinique, confirmé par une manœuvre de provocation positionnelle.
  • ✓Le vertige est bref (moins d'une minute), déclenché par un changement de position de la tête.
  • ✓Le traitement de référence est la manœuvre de repositionnement, adaptée au canal atteint.
  • ✓Les médicaments antivertigineux n'ont pas de place systématique et ne remplacent pas la manœuvre.
  • ✓Un nystagmus atypique ou des signes neurologiques imposent de remettre en cause le diagnostic.

En bref

•Le VPPB est une pathologie du labyrinthe postérieur : des débris otoconiaux mobiles (canalolithiase) ou adhérents à la cupule (cupulolithiase) se trouvent dans un canal semi-circulaire.
•Le canal postérieur est le plus souvent atteint, suivi du canal latéral. L'atteinte du canal antérieur est rare.
•Le diagnostic est clinique, sans imagerie systématique en cas de tableau typique.
•Le traitement repose sur des manœuvres physiques, dont l'efficacité est documentée dans la littérature. Les récidives sont possibles et fréquentes, à signaler au patient.
•Les données chiffrées (taux de succès, taux de récidive) sont à vérifier sur les sources officielles citées.

Reconnaître le VPPB : signes cliniques

•Vertige rotatoire bref, durant en règle moins d'une minute, déclenché par un changement de position de la tête.
•Circonstances typiques : se coucher, se retourner dans le lit, se relever, lever ou incliner la tête.
•Absence de signe auditif associé (pas d'hypoacousie ni d'acouphène lié) et absence de signe neurologique focal.
•Nausées possibles, sensation d'instabilité résiduelle entre les crises.
•Facteurs associés à rechercher : traumatisme crânien, alitement prolongé, antécédent de neuronite vestibulaire ou de migraine, âge avancé.
•Chez le sujet âgé, rechercher le retentissement fonctionnel : peur de bouger, chutes.

Démarche diagnostique

•Interrogatoire : durée des vertiges, facteur déclenchant positionnel, signes cochléaires, céphalées, signes neurologiques, traitements en cours.
•Examen neurologique et otologique de base, recherche d'un nystagmus spontané.
•Canal postérieur : manœuvre de Dix-Hallpike. Le patient est assis, la tête tournée de 45° vers un côté, puis basculé rapidement en décubitus dorsal, tête en extension légère hors du plan du lit.
•Réponse attendue : nystagmus à composante rotatoire, battant vers l'oreille inférieure (géotrope), après une courte latence, de crescendo-decrescendo, durant moins d'une minute, avec vertige concomitant, fatigable à la répétition et s'inversant au retour en position assise.
•Canal latéral : test de rotation de la tête en décubitus dorsal (supine roll test). Le nystagmus est horizontal, géotrope (canalolithiase, le plus fréquent) ou agéotrope (cupulolithiase ou forme ancrée). Le côté atteint se déduit de la direction du nystagmus et de l'intensité de la réponse, selon les référentiels.
•Les lunettes de Frenzel ou la vidéonystagmoscopie facilitent l'observation, sans être indispensables au cabinet.
•Imagerie : non systématique si le tableau est typique et l'examen neurologique normal. À discuter en cas de signes atypiques.
•Diagnostics différentiels : hypotension orthostatique, vertige d'origine centrale, maladie de Ménière, neuronite vestibulaire, migraine vestibulaire, cause iatrogène.

Prise en charge

•Informer le patient du caractère bénin de l'affection, de la possibilité de récidive et des gestes à adopter. Cette information relève de la pratique du clinicien.
•Canal postérieur : manœuvre d'Epley (repositionnement canalaire) ou manœuvre libératoire de Sémont. Les deux sont décrites dans les référentiels ORL. Les protocoles précis (durées de maintien, angles) sont à vérifier sur la source officielle.
•Canal latéral, forme géotrope : manœuvre de Lempert (rotation en barbecue) ou manœuvre de Gufoni, selon les référentiels.
•Canal latéral, forme agéotrope : manœuvres adaptées (Gufoni inversée, ou manœuvre de Lempert modifiée). Un avis spécialisé est souvent utile.
•Une manœuvre peut être répétée en cas d'échec. Un contrôle clinique par Dix-Hallpike ou supine roll test permet de vérifier la disparition du nystagmus.
•Précautions : pathologie cervicale ou rachidienne sévère, instabilité cervicale, obésité importante, troubles cardiovasculaires ou rétiniens. Adapter la manœuvre (par exemple Sémont modifiée) ou orienter.
•Médicaments : les antivertigineux et les sédatifs vestibulaires n'ont pas de place systématique. Leur usage prolongé est à éviter, notamment chez le sujet âgé en raison du risque de chute et de sédation. Consulter les avis de la Commission de la Transparence de la HAS et les mentions de l'ANSM (à vérifier sur la source officielle).
•En cas de vertige persistant malgré des manœuvres bien conduites, orienter vers l'ORL pour une rééducation vestibulaire ou une réévaluation diagnostique.
•Les restrictions posturales après la manœuvre ne sont pas indispensables d'après les données disponibles (à vérifier sur la source officielle).

Signes d'alerte et quand orienter

•Nystagmus atypique : vertical pur, particulièrement vers le bas, non fatigable, sans latence, de direction changeante, ou persistant au-delà d'une minute.
•Signes neurologiques associés : céphalées inhabituelles, diplopie, dysarthrie, déficit moteur ou sensitif, ataxie, syndrome cérébelleux.
•Surdité brusque ou hypoacousie progressive unilatérale : orientation ORL pour exploration.
•Vertige continu aigu avec nystagmus spontané : évaluer le risque d'origine centrale (examen oculomoteur orienté). Avis urgent si suspicion d'accident vasculaire cérébral.
•Traumatisme crânien récent, chutes répétées, facteurs de risque vasculaires avec tableau atypique.
•Échec de deux ou trois manœuvres bien réalisées, récidives très rapprochées, VPPB bilatéral ou à plusieurs canaux : avis ORL ou neurologique.
•Contre-indication à la manœuvre ou impossibilité de l'effectuer au cabinet.

Questions fréquentes

Une imagerie est-elle nécessaire devant un VPPB typique ?

Non, pas de façon systématique. Un tableau typique avec manœuvre de provocation concordante et examen neurologique normal suffit au diagnostic. L'imagerie se discute en cas de signes atypiques ou de signes neurologiques (référentiels ORL, à vérifier sur la source officielle).

Quelle manœuvre choisir selon le canal atteint ?

Pour le canal postérieur, Epley ou Sémont. Pour le canal latéral, Lempert ou Gufoni selon la forme géotrope ou agéotrope. Les protocoles détaillés sont à consulter dans les référentiels des sociétés savantes françaises d'ORL.

Les médicaments antivertigineux ont-ils une place ?

Ils ne traitent pas la cause du VPPB et ne remplacent pas les manœuvres. Leur usage au long cours n'est pas recommandé, en particulier chez la personne âgée. Se référer à la HAS et à l'ANSM pour les données actualisées.

Le VPPB peut-il récidiver ?

Oui, les récidives sont possibles. Une récidive peut être traitée par une nouvelle manœuvre. Les taux précis de récidive sont à vérifier dans la littérature et les référentiels officiels.

Sources

  1. 1. Collège français d'ORL et de chirurgie cervico-faciale. Référentiel ORL pour la préparation aux épreuves nationales : item Vertige. Édition en vigueur (année à vérifier sur la source officielle).
  2. 2. Société française d'ORL et de chirurgie de la cervico-faciale (SFORL). Recommandations et documents de pratique sur la prise en charge des vertiges. Année à vérifier sur la source officielle.
  3. 3. Haute Autorité de santé (HAS). Avis de la Commission de la Transparence sur les médicaments à visée antivertigineuse. Année à vérifier sur la source officielle (has-sante.fr).
  4. 4. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Informations de sécurité sur les médicaments utilisés dans les vertiges. Année à vérifier sur la source officielle (ansm.sante.fr).
  5. 5. Assurance Maladie (Ameli). Les vertiges : informations pour les patients et professionnels de santé. Année à vérifier sur la source officielle (ameli.fr).
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