Neurologie 6 min de lecture· 7 novembre 2026

Névralgie cervico-brachiale : comment la diagnostiquer et la traiter ?

Synthèse documentaire à destination des professionnels de santé sur la névralgie cervico-brachiale (radiculopathie cervicale) : reconnaissance clinique, place de l'imagerie, options thérapeutiques et critères d'orientation.

Par L'équipe médicale Hippocrate MG

Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé. Ne constitue pas un avis médical personnalisé ni un dispositif médical. Référez-vous aux sources officielles citées.

Points clés

  • ✓La névralgie cervico-brachiale (NCB) est une radiculopathie cervicale, le plus souvent C6 ou C7, liée à une hernie discale ou à une cause arthrosique foraminale.
  • ✓Le diagnostic est avant tout clinique : douleur radiculaire du membre supérieur, topographie, examen neurologique, manoeuvres de provocation.
  • ✓En l'absence de signe de gravité, l'évolution est le plus souvent favorable avec un traitement symptomatique, sans imagerie d'emblée.
  • ✓Déficit moteur important, signes de myélopathie, contexte infectieux ou néoplasique ou douleur rebelle imposent une imagerie et un avis spécialisé.
  • ✓Les infiltrations et la chirurgie relèvent d'une indication spécialisée, après discussion du rapport bénéfice/risque.

En bref

•Définition : douleur radiculaire du membre supérieur par atteinte d'une racine cervicale (conflit disco-radiculaire ou foraminal arthrosique).
•Racines les plus souvent en cause : C7 et C6, puis C8 et C5 (à vérifier selon la source).
•Diagnostic principalement clinique ; l'imagerie sert à confirmer ou à rechercher une cause en présence de signes de gravité.
•Évolution : le plus souvent favorable, spontanément ou sous traitement symptomatique, en quelques semaines à quelques mois.
•Formes à reconnaître : NCB hyperalgique, NCB paralysante, association à une myélopathie cervicarthrosique.

Signes cliniques : reconnaître une NCB

•Douleur cervicale souvent initiale, puis douleur radiculaire irradiant vers l'épaule, le bras, l'avant-bras et la main, à type de décharge ou de brûlure.
•Aggravation à la toux, à l'éternuement, à l'extension ou à la rotation homolatérale du rachis cervical ; position antalgique fréquente.
•Paresthésies ou hypoesthésie dans le territoire de la racine atteinte.

Repères topographiques classiques :

–C5 : épaule, face externe du bras ; déficit du deltoïde.
–C6 : face externe du bras et de l'avant-bras jusqu'au pouce ; déficit du biceps ; réflexe bicipital ou stylo-radial diminué.
–C7 : face postérieure du bras et de l'avant-bras jusqu'à l'index et au médius ; déficit du triceps ; réflexe tricipital diminué.
–C8 : bord interne de l'avant-bras jusqu'à l'annulaire et à l'auriculaire ; déficit de la flexion des doigts.
•Manoeuvres de provocation : Spurling (compression cervicale en extension et inclinaison homolatérale) ; test de distraction cervicale (soulagement) ; signe de Bakody (soulagement par l'abduction de l'épaule, main sur la tête).
•Examen neurologique complet : force, sensibilité, réflexes ostéo-tendineux, recherche de signes pyramidaux aux membres inférieurs.

Démarche diagnostique

•Interrogatoire : mode de début, traumatisme, profil de la douleur, déficit, antécédents (cancer, infection, immunodépression), état général, signes de myélopathie.
•Diagnostic différentiel à garder en tête :
–Syndrome du canal carpien, neuropathie cubitale (compression tronculaire).
–Pathologie de la coiffe des rotateurs et de l'épaule.
–Névralgie amyotrophiante (syndrome de Parsonage-Turner), zona débutant.
–Syndrome de Pancoast ou atteinte du plexus brachial.
–Myélopathie cervicarthrosique, pathologie médullaire.
–Douleur d'origine cardiaque devant une douleur du membre supérieur gauche avec contexte évocateur.
–Dissection artérielle cervicale devant une douleur cervicale brutale inhabituelle.
•Imagerie : non systématique en première intention en l'absence de signe de gravité ; la radiographie standard est peu corrélée à la clinique.
•L'IRM cervicale est l'examen de référence si une imagerie est indiquée (déficit moteur, suspicion de myélopathie, contexte infectieux ou tumoral, douleur persistante ou rebelle, discussion d'un geste invasif). Le scanner est une alternative en cas de contre-indication à l'IRM ou pour l'étude osseuse. Se référer au Guide du bon usage des examens d'imagerie médicale.
•L'électromyogramme peut aider en cas de doute diagnostique (atteinte tronculaire associée, topographie incertaine) ; délai optimal à vérifier sur la source de référence.
•Bilan biologique (inflammation) à discuter uniquement si suspicion infectieuse, inflammatoire ou néoplasique.

Prise en charge

•Information et réassurance : évolution habituellement favorable ; maintien d'une activité adaptée plutôt que le repos strict.
•Antalgiques selon les paliers de l'OMS : paracétamol en première intention ; AINS sur une courte durée en respectant les contre-indications et les mises en garde de l'ANSM ; opioïdes faibles sur une courte durée si besoin, en tenant compte des règles de prescription (codéine sur ordonnance depuis 2017).
•Douleur neuropathique : les antidépresseurs tricycliques ou les gabapentinoïdes sont parfois utilisés dans les formes persistantes, avec un niveau de preuve limité dans la NCB (à vérifier sur la source officielle) ; surveillance du mésusage, notamment pour les gabapentinoïdes.
•Corticothérapie orale courte : pratique répandue dans les formes hyperalgiques, mais preuves limitées ; indication et modalités à vérifier dans les référentiels.
•Collier cervical : peut être envisagé sur une courte durée comme mesure antalgique ; éviter une immobilisation prolongée.
•Rééducation : kinésithérapie, posture, renforcement et mobilisation cervicale douce après la phase aiguë ; la traction et la manipulation cervicale sont à discuter avec prudence, avec exclusion préalable des signes de gravité.
•Infiltrations (foraminales ou péridurales) : réservées à un cadre spécialisé et à des indications sélectionnées, en raison de risques rares mais graves ; ne pas les envisager sans imagerie préalable.
•Chirurgie (discectomie, foraminotomie ou arthrodèse selon le cas) : à discuter dans les NCB paralysantes ou hyperalgiques rebelles au traitement médical bien conduit, ou en présence d'une compression médullaire symptomatique.
•Suivi : réévaluation clinique à intervalle régulier, avec réorientation si l'évolution n'est pas favorable.

Signes d'alerte et quand orienter

•Urgence ou avis spécialisé rapide :
–Déficit moteur franc ou progressif (NCB paralysante, par exemple force inférieure ou égale à 3/5 : à vérifier selon la source).
–Signes de myélopathie : troubles de la marche, maladresse des mains, signes pyramidaux, troubles sphinctériens.
–Fièvre, contexte d'infection, immunodépression ou usage de drogues injectables : suspicion de spondylodiscite ou d'abcès.
–Antécédent de cancer, altération de l'état général ou douleur nocturne rebelle : suspicion de lésion secondaire ou tumorale.
–Traumatisme cervical significatif.
–Douleur cervicale brutale inhabituelle avec céphalée ou signe neurologique : suspicion de dissection artérielle.
–Douleur thoracique ou signes cardiaques associés.
•Orientation vers un rhumatologue, un neurochirurgien, un chirurgien orthopédiste du rachis ou un centre de la douleur : douleur hyperalgique non soulagée, évolution défavorable ou prolongée malgré un traitement bien conduit, discussion d'un geste invasif.
•Mise en garde : cette synthèse est documentaire et ne remplace ni le jugement clinique ni les référentiels officiels à jour.

Questions fréquentes

Faut-il réaliser une imagerie d'emblée devant une névralgie cervico-brachiale ?

En l'absence de signe de gravité, l'imagerie n'est pas systématique en première intention, car l'évolution est le plus souvent favorable. Elle se discute en cas de déficit moteur, de signe de myélopathie, de suspicion infectieuse ou tumorale, de douleur persistante ou rebelle, ou avant un geste invasif. L'IRM est alors l'examen de référence (Guide du bon usage des examens d'imagerie médicale).

Quelle est l'évolution habituelle d'une NCB ?

Dans la majorité des cas, l'évolution est favorable spontanément ou avec un traitement symptomatique, en quelques semaines à quelques mois. Les durées précises sont à vérifier dans les référentiels de rhumatologie. Une aggravation ou un déficit moteur impose une réévaluation.

Quelle est la place des corticoïdes et des infiltrations ?

La corticothérapie orale courte est utilisée dans les formes hyperalgiques, avec des preuves limitées. Les infiltrations cervicales relèvent d'une indication spécialisée et d'une imagerie préalable, en raison de complications rares mais graves. Les modalités sont à vérifier sur les sources officielles (sociétés savantes, ANSM, Vidal).

Quand discuter une chirurgie ?

Elle est discutée en cas de NCB paralysante, de NCB hyperalgique rebelle à un traitement médical bien conduit, ou de compression médullaire symptomatique. La décision relève d'une équipe spécialisée (rhumatologie, neurochirurgie ou chirurgie du rachis).

Sources

  1. 1. Collège Français des Enseignants en Rhumatologie (COFER). Rhumatologie : référentiel pour la préparation des EDN, chapitres rachialgies, radiculalgies et syndromes canalaires. Édition en vigueur (à vérifier).
  2. 2. Société Française de Radiologie (SFR), Société Française de Médecine Nucléaire (SFMN). Guide du bon usage des examens d'imagerie médicale. 2013 (mises à jour en ligne : à vérifier).
  3. 3. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Codéine, dihydrocodéine, opium et morphine : mise sur ordonnance obligatoire. 2017.
  4. 4. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Anti-inflammatoires non stéroïdiens : rappels de bon usage et mises en garde. Informations de sécurité en vigueur (à vérifier).
  5. 5. Vidal / Base de données publique des médicaments (BDPM). Résumés des caractéristiques des produits (antalgiques, AINS, corticoïdes, gabapentinoïdes). Consultation en ligne : base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr.
  6. 6. Assurance Maladie (Ameli). Pages d'information sur les douleurs cervicales et leur prise en charge. Consultation en ligne : ameli.fr (année à vérifier).
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