Gynécologie 6 min de lecture· 7 novembre 2026

Ménopause : symptômes et place du traitement hormonal (THM)

Synthèse à l'usage des professionnels de santé sur le diagnostic clinique de la ménopause, ses symptômes et la place du traitement hormonal et des alternatives, d'après les recommandations françaises.

Par L'équipe médicale Hippocrate MG

Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé. Ne constitue pas un avis médical personnalisé ni un dispositif médical. Référez-vous aux sources officielles citées.

Points clés

  • ✓Le diagnostic de ménopause est clinique : aménorrhée de 12 mois, sans dosage hormonal systématique chez la femme de plus de 45 ans.
  • ✓Le traitement hormonal (THM) est le traitement le plus efficace des symptômes vasomoteurs gênants.
  • ✓Le rapport bénéfice/risque dépend de l'âge, de l'ancienneté de la ménopause, de la voie d'administration et du profil de risque individuel.
  • ✓Une évaluation individualisée précède toute prescription, avec réévaluation au moins annuelle.
  • ✓Le syndrome génito-urinaire relève en première intention d'un traitement local, hormonal ou non.

En bref

•La ménopause correspond à l'arrêt définitif des règles, confirmé rétrospectivement après 12 mois d'aménorrhée. L'âge moyen de survenue en France est d'environ 51 ans.
•La périménopause précède la ménopause et associe des cycles irréguliers à un début de symptômes.
•Insuffisance ovarienne prématurée : survenue avant 40 ans. Ménopause précoce : survenue entre 40 et 45 ans (limites à vérifier sur la source officielle). Ces situations justifient une prise en charge spécialisée et un THM le plus souvent jusqu'à l'âge moyen de la ménopause.
•Le THM reste le traitement de référence des symptômes vasomoteurs d'intensité gênante. Il n'est pas indiqué en prévention primaire cardiovasculaire ni de la démence.

Signes cliniques : reconnaître la ménopause

•Symptômes vasomoteurs : bouffées de chaleur et sueurs nocturnes, principale plainte motivant une prescription.
•Troubles du sommeil, asthénie, irritabilité, labilité de l'humeur, plainte cognitive subjective.
•Syndrome génito-urinaire de la ménopause : sécheresse vaginale, dyspareunie, brûlures, urgenturie, infections urinaires récidivantes. Il est évolutif et ne régresse pas spontanément.
•Douleurs articulaires et musculaires, baisse de libido.
•Conséquences à moyen et long terme : perte osseuse accélérée et modification du profil cardiométabolique.
•L'intensité et la durée des symptômes varient fortement d'une femme à l'autre. Un retentissement sur la qualité de vie est le critère clé de la décision thérapeutique.

Démarche diagnostique

•Le diagnostic est clinique chez la femme de plus de 45 ans avec symptômes typiques : aucun dosage de FSH ou d'estradiol n'est nécessaire.
•Un bilan hormonal peut se discuter en cas de doute, de ménopause précoce suspectée ou de situation atypique (hystérectomie conservant les ovaires, contraception hormonale en cours).
•Écarter les diagnostics différentiels selon le contexte : dysthyroïdie, grossesse, hyperprolactinémie, cause médicamenteuse, saignements anormaux nécessitant une exploration.
•Avant un THM : recueil des antécédents personnels et familiaux (cancer du sein ou de l'endomètre, thrombose veineuse, maladie cardiovasculaire, migraine avec aura, maladie hépatique), examen clinique, pression artérielle, IMC.
•Vérifier que le dépistage du cancer du sein est à jour (dépistage organisé de 50 à 74 ans, tous les 2 ans) et que les autres dépistages le sont aussi.
•Aucun bilan biologique ou d'imagerie systématique n'est requis avant l'instauration d'un THM en l'absence de point d'appel (à vérifier dans les recommandations CNGOF/GEMVi).

Prise en charge

Indications du THM

•Symptômes vasomoteurs et troubles associés altérant la qualité de vie.
•Syndrome génito-urinaire, en privilégiant la voie locale si c'est le seul symptôme.
•Prévention de l'ostéoporose chez une femme à risque fracturaire, notamment en cas d'intolérance ou de contre-indication aux autres traitements, ou en cas d'insuffisance ovarienne prématurée.

Modalités

•Initiation idéalement précoce, avant 60 ans ou dans les 10 ans suivant la ménopause (fenêtre d'opportunité, à vérifier sur la source officielle).
•Estrogène seul en cas d'hystérectomie. Chez la femme ayant un utérus, association à un progestatif pour la protection endométriale.
•Voie transdermique de l'estradiol à privilégier en cas de facteurs de risque thromboembolique : elle n'augmente pas le risque thromboembolique veineux observé par voie orale.
•Progestérone micronisée ou dydrogestérone à privilégier dans l'association, au vu des données de sécurité mammaire plus favorables que celles des autres progestatifs.
•Dose minimale efficace, avec réévaluation du rapport bénéfice/risque et de la tolérance après quelques mois, puis au moins une fois par an. Il n'existe pas de durée maximale arbitraire.

Contre-indications principales

•Cancer du sein ou de l'endomètre hormonodépendant, saignements génitaux non expliqués, antécédent thromboembolique veineux ou artériel évolutif ou récent, maladie hépatique active. Liste complète dans le RCP (BDPM).

Risques à exposer lors de l'information de la patiente

•Augmentation du risque de cancer du sein sous association estroprogestative, liée à la durée et au type de progestatif.
•Risque thromboembolique veineux et d'AVC accru par voie orale.

Syndrome génito-urinaire

•Hydratants et lubrifiants en première intention non hormonale.
•Estrogènes locaux à faible dose, dont l'usage prolongé est jugé compatible avec une bonne sécurité. Autres options (prastérone, ospémifène) : se référer au RCP et aux recommandations.

Alternatives non hormonales

•Mesures hygiéno-diététiques, activité physique, arrêt du tabac, thérapies cognitivo-comportementales, hypnose.
•Options médicamenteuses non hormonales, certaines hors AMM, et antagoniste des récepteurs NK3 récemment commercialisé : statut, indications et remboursement à vérifier sur la BDPM, l'ANSM et la HAS.

Signes d'alerte et quand orienter

•Saignements génitaux après 12 mois d'aménorrhée ou sous THM bien conduit avec saignements anormaux : exploration gynécologique (échographie pelvienne, évaluation endométriale).
•Symptômes évocateurs de thrombose veineuse, d'accident vasculaire ou de pathologie coronarienne : interruption du THM et prise en charge urgente.
•Nodule mammaire, écoulement mamelonnaire, anomalie au dépistage : bilan sénologique.
•Apparition de céphalées inhabituelles ou de migraine avec aura sous THM : réévaluation de l'indication.
•Ménopause avant 40 ans ou ménopause précoce : avis spécialisé (gynécologie, endocrinologie).
•Antécédent de cancer du sein ou de risque thromboembolique élevé avec symptômes sévères : avis spécialisé pour choisir une alternative non hormonale.
•Ostéoporose avérée ou fracture de fragilité : orientation vers une prise en charge dédiée (rhumatologie).

Questions fréquentes

Faut-il doser la FSH pour confirmer la ménopause ?

Non en règle générale : chez une femme de plus de 45 ans avec symptômes typiques, le diagnostic est clinique. Un dosage hormonal se discute en cas de doute diagnostique ou de suspicion de ménopause précoce (CNGOF/GEMVi 2021).

Le THM est-il limité dans la durée ?

Les recommandations françaises ne fixent pas de durée maximale systématique. Elles préconisent la dose minimale efficace avec une réévaluation individualisée du rapport bénéfice/risque, au moins annuelle (à vérifier sur la source officielle).

Quelle voie d'administration privilégier en cas de risque thromboembolique ?

La voie transdermique de l'estradiol est à privilégier, car elle n'est pas associée à l'augmentation du risque thromboembolique veineux observée par voie orale. Les contre-indications du RCP restent applicables.

Le THM protège-t-il contre les maladies cardiovasculaires ou la démence ?

Non, il n'est pas indiqué dans ces buts. La décision de traiter repose sur les symptômes, le risque osseux et le profil de risque individuel.

Sources

  1. 1. Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), Groupe d'étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal (GEMVi). Prise en charge de la ménopause : recommandations pour la pratique clinique. Gynécol Obstét Fertil Sénol. 2021.
  2. 2. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Informations de sécurité sur les traitements hormonaux de la ménopause. Site officiel ansm.sante.fr, consulté en 2025 (à vérifier sur la source officielle).
  3. 3. Base de données publique des médicaments (BDPM). Résumés des caractéristiques du produit des traitements hormonaux de la ménopause. Site officiel base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr, consulté en 2025.
  4. 4. Assurance Maladie. Ménopause : informations et dépistage du cancer du sein. Site officiel ameli.fr, consulté en 2025.
  5. 5. Haute Autorité de santé (HAS). Recommandations et avis sur la prise en charge de la ménopause et le dépistage du cancer du sein. Site officiel has-sante.fr, consulté en 2025 (à vérifier).
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