Gynécologie 6 min de lecture· 7 novembre 2026

Contraception : choix de la méthode et contre-indications

Synthèse documentaire sur la démarche de choix d'une contraception en France et sur les contre-indications principales des méthodes hormonales et du dispositif intra-utérin, d'après les référentiels HAS, CNGOF et ANSM.

Par L'équipe médicale Hippocrate MG

Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé. Ne constitue pas un avis médical personnalisé ni un dispositif médical. Référez-vous aux sources officielles citées.

Points clés

  • ✓Le choix repose sur une décision partagée, après évaluation des préférences, des facteurs de risque et des contre-indications de la patiente.
  • ✓Les méthodes les plus efficaces en utilisation courante sont les méthodes à longue durée d'action (DIU, implant), indépendantes de l'observance.
  • ✓Les contre-indications des contraceptifs combinés sont surtout vasculaires : thrombose, migraine avec aura, HTA non contrôlée, tabagisme après 35 ans.
  • ✓Certains progestatifs (acétate de chlormadinone, acétate de nomégestrol, acétate de cyprotérone, médroxyprogestérone) exposent à un risque de méningiome : à vérifier sur les recommandations ANSM.
  • ✓L'examen gynécologique et le bilan biologique ne sont pas systématiquement requis avant une prescription hormonale en l'absence de facteur de risque.

En bref

•Objectif : aider le professionnel à adapter la méthode contraceptive à la situation de la patiente, à ses préférences et à ses risques.
•Le conseil contraceptif est une démarche partagée : efficacité, tolérance, réversibilité, contraintes d'utilisation, protection vis-à-vis des IST.
•Les recommandations françaises (HAS, CNGOF) hiérarchisent les méthodes selon leur efficacité en utilisation courante.
•Les contre-indications s'apprécient méthode par méthode ; elles doivent être recherchées à chaque initiation et réévaluées au cours du suivi.
•Les seuils et les listes exhaustives sont à vérifier sur les sources officielles (RCP, HAS, ANSM).

Évaluer la situation avant le choix

•Recueillir les souhaits de la patiente : méthode hormonale ou non, régularité des règles, fréquence des rapports, désir de grossesse à court terme.
•Antécédents personnels et familiaux : événements thromboemboliques veineux ou artériels, thrombophilie connue, cancer du sein, migraine (avec ou sans aura), hépatopathie.
•Facteurs de risque cardiovasculaire : tabagisme, âge, HTA, diabète, dyslipidémie, obésité.
•Situation particulière : post-partum, allaitement, post-abortum, adolescence, périménopause, chirurgie programmée avec immobilisation.
•Traitements associés : certains inducteurs enzymatiques réduisent l'efficacité des contraceptifs hormonaux (interactions à vérifier dans la base Vidal ou BDPM).
•Risque d'IST : le préservatif reste la seule méthode protectrice, seul ou en association.

Hiérarchie des méthodes et options

•Méthodes les plus efficaces en pratique courante : DIU au cuivre ou au lévonorgestrel, implant à l'étonogestrel (durée d'utilisation selon l'AMM).
•Contraceptifs combinés (pilule, anneau, patch) : efficacité dépendante de l'observance ; en première intention, la HAS privilégie les pilules combinées contenant du lévonorgestrel (1re ou 2e génération), à vérifier dans la fiche HAS.
•Contraceptifs progestatifs oraux : option en cas de contre-indication aux estrogènes ; choix de la molécule à discuter selon le profil de risque.
•Méthodes barrières (préservatifs masculin et féminin) : protection contre les IST, efficacité dépendante de l'utilisation.
•Contraception d'urgence : disponible en pharmacie, sans prescription et gratuite selon les conditions de l'Assurance Maladie (à vérifier sur Ameli).
•Prise en charge financière : remboursement et gratuité selon l'âge et la méthode, à vérifier sur Ameli.

Contre-indications principales

Contraceptifs combinés (estroprogestatifs) :

•Antécédent ou épisode actuel d'accident thromboembolique veineux ou artériel, thrombophilie connue.
•Migraine avec aura.
•HTA non contrôlée, diabète compliqué, autres situations à risque vasculaire élevé.
•Tabagisme important, notamment après 35 ans.
•Cancer du sein actuel ou antérieur, hépatopathie sévère ou tumeur hépatique.
•Chirurgie majeure avec immobilisation prolongée, période du post-partum précoce, allaitement précoce.

Progestatifs :

•Cancer du sein en cours, saignements génitaux non expliqués, hépatopathie sévère.
•Risque de méningiome avec certains progestatifs à fortes doses et utilisation prolongée : consulter les recommandations de l'ANSM avant prescription et en cours de traitement.

Dispositif intra-utérin :

•Grossesse, infection génitale haute en cours, cervicite ou IST non traitée, saignements génitaux inexpliqués.
•Anomalie de la cavité utérine rendant la pose impossible, cancer du col ou de l'endomètre.
•DIU au cuivre : allergie au cuivre, maladie de Wilson ; DIU hormonal : contre-indications des progestatifs.

Au cas par cas, se référer au RCP de la spécialité et à la fiche HAS sur la contraception chez la femme à risque cardiovasculaire.

Examens et suivi

•Prise de la tension artérielle et calcul de l'IMC avant l'initiation d'une contraception hormonale.
•Pas d'examen gynécologique ni de bilan biologique systématiques avant la prescription d'une pilule en l'absence de facteur de risque, selon la HAS (à vérifier).
•Bilan lipidique et glycémique guidé par le contexte personnel ou familial.
•Recherche de thrombophilie non systématique ; à envisager selon les antécédents familiaux, d'après les référentiels.
•Réévaluation après les premiers mois, puis périodiquement : tolérance, observance, apparition de nouveaux facteurs de risque.
•Information sur la conduite à tenir en cas d'oubli de pilule et sur la contraception d'urgence.

Signes d'alerte et quand orienter

•Douleur d'un mollet, œdème unilatéral, dyspnée ou douleur thoracique sous contraception hormonale : suspicion d'événement thromboembolique, orientation urgente.
•Céphalées inhabituelles, troubles visuels ou déficit neurologique : urgence neurovasculaire.
•Apparition de migraines avec aura sous contraception combinée : arrêt de la méthode à envisager et réévaluation.
•Douleurs pelviennes, fièvre ou métrorragies après pose d'un DIU : rechercher infection, perforation ou expulsion.
•Retard de règles ou test de grossesse positif sous DIU ou implant : éliminer une grossesse extra-utérine.
•Orienter vers un gynécologue, un centre de planification ou un spécialiste en cas de contre-indications multiples, de situation complexe (pathologie chronique, traitement tératogène) ou de difficulté de pose.

Questions fréquentes

Quelle contraception proposer en première intention ?

Aucune méthode n'est unique : le choix dépend de la situation de la patiente. La HAS met en avant l'efficacité des méthodes à longue durée d'action et recommande, pour les pilules combinées, celles contenant du lévonorgestrel en première intention (à vérifier sur la fiche HAS).

Quelle contraception en cas de migraine avec aura ?

La migraine avec aura contre-indique les contraceptifs combinés en raison du risque vasculaire. Des méthodes sans estrogène (DIU, implant, certains progestatifs) peuvent être envisagées selon les référentiels HAS et CNGOF.

Un examen gynécologique est-il obligatoire avant de prescrire une pilule ?

Non, pas systématiquement. L'interrogatoire, la tension artérielle et l'IMC sont les éléments de base ; les examens complémentaires dépendent des facteurs de risque (HAS, CNGOF, à vérifier).

Où vérifier les risques liés aux progestatifs et au méningiome ?

Les recommandations actualisées sont publiées par l'ANSM : se référer à son site et au RCP de chaque spécialité avant toute prescription prolongée.

Sources

  1. 1. Haute Autorité de santé. Méthodes contraceptives : focus sur les méthodes les plus efficaces disponibles. Saint-Denis La Plaine : HAS; 2013.
  2. 2. Haute Autorité de santé. Contraception chez la femme à risque cardiovasculaire (fiche mémo). Saint-Denis La Plaine : HAS; 2019.
  3. 3. Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Recommandations pour la pratique clinique : Contraception. Paris : CNGOF; 2018.
  4. 4. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Progestatifs et risque de méningiome : informations destinées aux professionnels de santé. Saint-Denis : ANSM; 2021.
  5. 5. Assurance Maladie (Ameli). Contraception : prise en charge, remboursement et contraception d'urgence. Paris : Assurance Maladie; 2024. https://www.ameli.fr
  6. 6. Base de données publique des médicaments (BDPM) et Vidal. Résumés des caractéristiques du produit des contraceptifs hormonaux. https://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
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Contenu documentaire destiné aux professionnels de santé. Il ne constitue pas un dispositif médical, ni un avis médical personnalisé, et ne remplace pas une consultation. Vérifiez toujours les informations sur les sources officielles citées.