Sécheresse oculaire : diagnostic et prise en charge en pratique
Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé sur la maladie de la surface oculaire. Elle couvre l'évaluation clinique, les tests usuels, la prise en charge étagée et les critères d'orientation vers l'ophtalmologiste.
Par L'équipe médicale Hippocrate MG
Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé. Ne constitue pas un avis médical personnalisé ni un dispositif médical. Référez-vous aux sources officielles citées.
Points clés
- ✓La sécheresse oculaire est une maladie multifactorielle de la surface oculaire, avec instabilité du film lacrymal, hyperosmolarité et inflammation.
- ✓Le diagnostic repose d'abord sur l'interrogatoire (symptômes, médicaments, environnement) puis sur des tests simples : OSDI, BUT, coloration cornéenne, test de Schirmer.
- ✓La prise en charge est étagée : mesures environnementales et hygiène palpébrale, substituts lacrymaux sans conservateur, puis traitements anti-inflammatoires ou procédures spécialisées.
- ✓Une douleur marquée, une baisse d'acuité visuelle ou une atteinte cornéenne justifient une orientation ophtalmologique rapide.
En bref
Reconnaître : signes cliniques
Démarche diagnostique
Prise en charge
Signes d'alerte et quand orienter
Questions fréquentes
Quels tests simples permettent d'objectiver une sécheresse oculaire en consultation ?
Les tests usuels sont le questionnaire OSDI, le temps de rupture du film lacrymal (BUT), la coloration cornéenne à la fluorescéine et conjonctivale à la lissamine verte, et le test de Schirmer. Les seuils diagnostiques varient selon les critères utilisés : à vérifier dans le rapport SFO 2015 et le rapport TFOS DEWS II.
Faut-il privilégier les larmes artificielles sans conservateur ?
Les conservateurs, comme le chlorure de benzalkonium, peuvent être toxiques pour la surface oculaire en cas d'usage fréquent. Les présentations sans conservateur sont généralement préférées en utilisation répétée ou en cas d'atteinte marquée. Le détail est à vérifier dans le rapport SFO et dans les RCP de la BDPM.
Quand envisager un traitement anti-inflammatoire ?
Il est envisagé en cas d'atteinte modérée à sévère, notamment de kératite, non soulagée par les substituts lacrymaux et l'hygiène palpébrale. Il est prescrit sous suivi ophtalmologique. L'AMM de la ciclosporine en collyre est à vérifier dans la BDPM.
Quand rechercher un syndrome de Sjögren devant une sécheresse oculaire ?
Il faut y penser devant une sécheresse sévère ou précoce, associée à une sécheresse buccale, des douleurs articulaires ou d'autres signes auto-immuns. Le bilan est alors réalisé avec les spécialistes concernés, selon les critères de classification en vigueur à vérifier auprès des sociétés savantes.
Sources
- 1. Société française d'ophtalmologie. Surface oculaire. Rapport SFO 2015. Paris : Elsevier Masson ; 2015.
- 2. Craig JP, Nichols KK, Akpek EK, Caffery B, Dua HS, Joo CK, et al. TFOS DEWS II Definition and Classification Report. Ocul Surf. 2017;15(3):276-283.
- 3. Wolffsohn JS, Arita R, Chalmers R, Djalilian A, Dogru M, Dumbleton K, et al. TFOS DEWS II Diagnostic Methodology report. Ocul Surf. 2017;15(3):539-574.
- 4. Base de données publique des médicaments (ANSM, HAS, Assurance Maladie). Résumés des caractéristiques du produit des collyres et substituts lacrymaux. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr ; consultée en 2025.
- 5. Haute Autorité de santé. Avis de la Commission de la transparence relatifs aux collyres indiqués dans la sécheresse oculaire. has-sante.fr ; consultés en 2025.
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