Pneumologie 6 min de lecture· 7 novembre 2026

SAOS de l'adulte : comment repérer et orienter en pratique ?

Synthèse documentaire à destination des professionnels de santé sur le repérage clinique du SAOS de l'adulte, la place de la polygraphie et les critères d'orientation vers le spécialiste du sommeil.

Par L'équipe médicale Hippocrate MG

Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé. Ne constitue pas un avis médical personnalisé ni un dispositif médical. Référez-vous aux sources officielles citées.

Points clés

  • ✓Le SAOS est sous-diagnostiqué : le repérage repose sur l'association de symptômes nocturnes, de somnolence diurne et de facteurs de risque.
  • ✓Les questionnaires (Epworth, STOP-Bang) aident au repérage mais ne confirment pas le diagnostic.
  • ✓Le diagnostic repose sur un enregistrement du sommeil (polygraphie ventilatoire ou polysomnographie) selon la HAS.
  • ✓La sévérité est évaluée par l'index d'apnées-hypopnées (IAH) et le retentissement clinique, et non par l'IAH seul.
  • ✓La somnolence au volant et les comorbidités cardiovasculaires imposent une orientation rapide.

En bref

•Le syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS/SAOS) est caractérisé par des obstructions répétées des voies aériennes supérieures pendant le sommeil, avec fragmentation du sommeil et désaturations intermittentes.
•Il est associé à un sur-risque cardiovasculaire (hypertension artérielle, troubles du rythme, accidents vasculaires), à des troubles métaboliques et à un risque accru d'accident de la route par somnolence.
•Le médecin de premier recours a un rôle clé : repérer, confirmer par un enregistrement adapté ou orienter, puis assurer le suivi coordonné.
•Cette fiche est une synthèse documentaire : les seuils et conditions de remboursement sont à vérifier sur les sources officielles citées.

Reconnaître : signes cliniques et terrain

•Signes nocturnes : ronflement habituel et bruyant, pauses respiratoires constatées par l'entourage, réveils avec sensation d'étouffement, nycturie, sueurs nocturnes, sommeil non réparateur.
•Signes diurnes : somnolence diurne excessive, céphalées matinales, fatigue, troubles de la concentration ou de la mémoire, irritabilité, baisse de la libido.
•Facteurs de risque et terrain : obésité (notamment abdominale), sexe masculin, âge, ménopause, morphologie cervico-faciale (rétrognathie, hypertrophie amygdalienne, macroglossie), consommation d'alcool ou de sédatifs le soir.
•Situations à rechercher activement : HTA résistante, fibrillation atriale, insuffisance cardiaque, AVC, diabète de type 2, syndrome métabolique, obésité avant chirurgie bariatrique.
•Chez la femme, la présentation est plus souvent atypique (fatigue, insomnie, humeur dépressive, céphalées) : un repérage insuffisant est possible.
•Diagnostics différentiels de la somnolence : privation de sommeil, médicaments sédatifs, dépression, hypothyroïdie, narcolepsie, syndrome des jambes sans repos, travail posté.

Démarche diagnostique

•Interrogatoire structuré : symptômes, durée, horaires de sommeil, consommation d'alcool, de tabac et de médicaments, activité professionnelle (conduite, postes à risque), antécédents cardiovasculaires.
•Outils de repérage : score d'Epworth pour quantifier la somnolence subjective, questionnaire STOP-Bang ou équivalent pour estimer la probabilité. Ils orientent la décision mais ne remplacent pas l'enregistrement.
•Examen clinique : IMC, tour de cou, pression artérielle, examen ORL et cervico-facial (obstruction nasale, oropharynx, morphologie mandibulaire).
•Confirmation : selon la HAS, la polygraphie ventilatoire est l'examen de première intention en cas de forte probabilité clinique de SAOS sans comorbidité majeure associée.
•La polysomnographie est réservée aux situations plus complexes : suspicion d'autre trouble du sommeil, comorbidités cardiorespiratoires ou neurologiques importantes, polygraphie non contributive ou discordante avec la clinique.
•Classification de la sévérité : l'IAH (léger, modéré, sévère) est associé à l'intensité des symptômes et au retentissement ; les seuils exacts sont à vérifier dans les référentiels de la HAS et de la SPLF.
•Bilan associé selon le contexte : recherche de comorbidités cardiométaboliques, évaluation de l'hypoventilation chez l'obèse sévère ou le patient bronchopathe (gaz du sang, exploration fonctionnelle respiratoire).

Prise en charge

•Mesures générales pour tous les stades : perte de poids en cas de surpoids ou d'obésité, activité physique, limitation de l'alcool le soir, prudence avec les sédatifs et hypnotiques, arrêt du tabac, hygiène du sommeil, mesures positionnelles si SAOS positionnel.
•Pression positive continue (PPC) : traitement de référence du SAOS sévère et des formes symptomatiques ou avec retentissement. Les critères de prescription et de prise en charge par l'Assurance Maladie (IAH, symptômes, comorbidités) sont à vérifier sur la source officielle.
•Suivi de la PPC : l'observance est un déterminant majeur de l'efficacité. Le suivi comprend la télésurveillance de l'observance et de l'efficacité, la tolérance du masque, la gestion des effets indésirables (fuites, sécheresse nasale) et une réévaluation clinique régulière.
•Alternatives : l'orthèse d'avancée mandibulaire peut être envisagée selon les recommandations, notamment en cas d'intolérance ou de refus de la PPC dans certaines formes ; la chirurgie ORL ou maxillo-faciale et la stimulation du nerf hypoglosse relèvent d'indications sélectionnées en centre spécialisé (à vérifier dans les avis de la HAS).
•Prise en charge des comorbidités : optimisation du traitement de l'HTA, du diabète et du risque cardiovasculaire en parallèle du traitement du SAOS.
•Conduite automobile : la somnolence diurne doit être évaluée et la réglementation sur l'aptitude à la conduite rappelée ; les conditions en vigueur sont à vérifier sur les textes officiels.

Signes d'alerte et orientation

•Orientation vers un médecin du sommeil (pneumologue, neurologue, ORL ou médecin formé au sommeil) : suspicion de SAOS avec indication de polygraphie ou de polysomnographie, résultat discordant, ou nécessité d'initier un traitement.
•Orientation rapide ou urgente :
–somnolence sévère au volant ou accident ou quasi-accident lié à la somnolence ;
–profession à risque (conducteurs, postes de sécurité) ;
–insuffisance respiratoire chronique, hypercapnie, suspicion de syndrome obésité-hypoventilation ;
–hypertension pulmonaire, insuffisance cardiaque décompensée ou arythmie récente ;
–SAOS suspecté en période préopératoire (anesthésie), en particulier chez l'obèse.
•Avis ORL ou maxillo-facial : obstacle anatomique, hypertrophie amygdalienne, échec ou intolérance de la PPC.
•Chez l'enfant, le SAOS relève d'une démarche spécifique (ORL, pédiatre) non couverte par cette fiche.

Questions fréquentes

Quel examen demander en première intention devant une suspicion de SAOS ?

La HAS recommande la polygraphie ventilatoire en première intention lorsque la probabilité clinique est élevée et en l'absence de comorbidité majeure. La polysomnographie est réservée aux situations complexes ou aux discordances (HAS, 2012).

Le score d'Epworth suffit-il à poser le diagnostic de SAOS ?

Non. Il évalue la somnolence subjective et aide au repérage, mais le diagnostic repose sur un enregistrement du sommeil associé à la clinique (HAS, SPLF).

L'IAH suffit-il pour décider du traitement ?

Non. La décision prend en compte l'IAH, l'intensité des symptômes, le retentissement cardiovasculaire et les comorbidités. Les critères de prise en charge de la PPC sont à vérifier sur les sources de l'Assurance Maladie et de la HAS.

Quand l'orthèse d'avancée mandibulaire peut-elle être envisagée ?

Elle peut être discutée selon les recommandations françaises dans certaines formes de SAOS, notamment en cas d'intolérance ou de refus de la PPC. Les indications précises sont à vérifier sur la source officielle (HAS/CNEDiMTS).

Sources

  1. 1. Haute Autorité de santé. Place et conditions de réalisation de la polygraphie et de la polysomnographie dans les troubles du sommeil. Saint-Denis La Plaine : HAS ; 2012.
  2. 2. Société de pneumologie de langue française. Recommandations pour la pratique clinique : syndrome d'apnées hypopnées obstructives du sommeil de l'adulte. Rev Mal Respir. 2010.
  3. 3. Assurance Maladie (Ameli). Apnée du sommeil : symptômes, diagnostic et traitements. Page d'information, ameli.fr ; consultée en 2025.
  4. 4. Haute Autorité de santé, CNEDiMTS. Avis et fiches sur les dispositifs médicaux de traitement du SAOS (PPC, orthèse d'avancée mandibulaire). has-sante.fr ; à vérifier sur la source officielle.
Restez à jour

Recevez les nouvelles fiches documentaires

Une sélection de synthèses sourcées pour votre pratique. Pas de spam, désinscription en un clic.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir nos communications. Réservé aux professionnels de santé.

Gagnez du temps en consultation

Fiche diagnostic, cotation CCAM, scores cliniques et recherche médicale sourcée — l'assistant documentaire des médecins.

Accéder à Hippocrate MG

À lire aussi

Contenu documentaire destiné aux professionnels de santé. Il ne constitue pas un dispositif médical, ni un avis médical personnalisé, et ne remplace pas une consultation. Vérifiez toujours les informations sur les sources officielles citées.