ORL 6 min de lecture· 7 novembre 2026

Rhinopharyngite aiguë : traitement symptomatique et antibiotiques

Synthèse documentaire sur la rhinopharyngite aiguë (rhume commun) : traitement symptomatique, absence d'indication de l'antibiothérapie et critères de réévaluation. Destinée aux professionnels de santé.

Par L'équipe médicale Hippocrate MG

Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé. Ne constitue pas un avis médical personnalisé ni un dispositif médical. Référez-vous aux sources officielles citées.

Points clés

  • ✓La rhinopharyngite aiguë est une infection virale bénigne, d'évolution spontanément favorable.
  • ✓L'antibiothérapie n'est pas indiquée, y compris en cas de rhinorrhée purulente isolée.
  • ✓La prise en charge repose sur le lavage nasal, l'hydratation et le paracétamol si besoin.
  • ✓Certains médicaments sont à éviter ou contre-indiqués selon l'âge (antitussifs, mucolytiques, codéine, AINS).
  • ✓La réévaluation est nécessaire devant une fièvre persistante, une otalgie, une douleur sinusienne ou une gêne respiratoire.

En bref

•La rhinopharyngite aiguë (rhume commun) est une inflammation virale de la muqueuse nasale et pharyngée, très fréquente, surtout chez l'enfant.
•De nombreux virus sont impliqués (rhinovirus, coronavirus saisonniers, VRS, adénovirus, etc.).
•L'évolution est spontanément favorable, en général en une dizaine de jours (à vérifier sur la source officielle).
•Les référentiels français (ANSM ex-Afssaps, SPILF/Antibioclic) ne retiennent pas d'indication à l'antibiothérapie.
•L'enjeu principal est le soulagement des symptômes et le repérage des complications ou des diagnostics différentiels.

Reconnaître : signes cliniques

•Obstruction nasale et rhinorrhée, d'abord claire puis parfois épaisse ou colorée.
•Éternuements, picotements ou douleur pharyngée discrète, toux, larmoiement.
•Fièvre possible, souvent modérée, plus fréquente chez le jeune enfant.
•Chez le nourrisson : gêne à la tétée ou au biberon, sommeil perturbé par l'obstruction nasale.
•Le changement de couleur ou d'aspect des sécrétions ne signe pas à lui seul une surinfection bactérienne.
•Examen : muqueuse nasale inflammatoire, rhinorrhée, pharynx discrètement érythémateux ; tympans à examiner en cas de fièvre ou d'otalgie.

Démarche diagnostique

•Le diagnostic est clinique ; aucun examen complémentaire n'est systématique.
•Écarter les diagnostics différentiels selon le contexte :
–angine (douleur pharyngée dominante : test d'orientation diagnostique selon les référentiels) ;
–grippe ou COVID-19 (fièvre élevée, myalgies, contexte épidémique) ;
–rhinite allergique (prurit, éternuements en salves, absence de fièvre, récurrence) ;
–sinusite aiguë, otite moyenne aiguë, corps étranger nasal (rhinorrhée purulente unilatérale chez l'enfant).
•Rechercher les facteurs de risque : âge inférieur à 3 mois, comorbidités respiratoires ou cardiaques, immunodépression.
•Vérifier l'état d'hydratation, l'alimentation du nourrisson et la fréquence respiratoire.

Prise en charge

•Mesures symptomatiques de première intention :
–lavage nasal au sérum physiologique, mouchage régulier, notamment avant les repas et le coucher chez le nourrisson ;
–hydratation suffisante, aération et température raisonnable de la chambre ;
–paracétamol en cas de fièvre mal tolérée ou de douleur, aux posologies de l'AMM (à vérifier sur la BDPM ou le Vidal).
•Antibiotiques :
–non indiqués dans la rhinopharyngite aiguë, y compris en cas de rhinorrhée purulente ;
–ils ne préviennent pas les complications bactériennes et exposent à des effets indésirables et à la résistance.
•Médicaments à éviter ou contre-indiqués (se référer aux mises en garde de l'ANSM) :
–AINS : risque de complications infectieuses graves rapporté dans les infections courantes ;
–mucolytiques et mucofluidifiants : contre-indiqués chez l'enfant de moins de 2 ans ;
–antitussifs antihistaminiques ou opiacés : non recommandés chez l'enfant, codéine contre-indiquée avant 12 ans ;
–vasoconstricteurs oraux (pseudoéphédrine) : risques cardiovasculaires et neurologiques, à éviter ;
–vasoconstricteurs locaux : durée courte et contre-indications selon l'âge, à vérifier sur la source officielle ;
–dérivés terpéniques et camphrés : contre-indications chez le jeune enfant (à vérifier sur la source officielle).
•Conseils au patient ou à l'entourage : signes devant motiver une nouvelle consultation, éviction non systématique, lavage des mains.

Signes d'alerte : quand réévaluer ou orienter

•Nourrisson de moins de 3 mois fébrile : évaluation médicale rapide.
•Détresse respiratoire, tirage, polypnée, difficultés d'alimentation ou refus de boire.
•Fièvre persistante au-delà de quelques jours ou réapparition de la fièvre après amélioration (à vérifier sur la source officielle).
•Otalgie, otorrhée ou tympan inflammatoire : recherche d'une otite moyenne aiguë.
•Douleur sinusienne unilatérale intense, rhinorrhée purulente persistante, œdème palpébral : évoquer une rhinosinusite bactérienne.
•Symptômes persistant au-delà de la durée habituelle, ou aggravation franche.
•Terrain fragile (asthme, BPCO, immunodépression) : seuil de réévaluation abaissé.
•Les indications d'antibiothérapie des complications relèvent des référentiels spécifiques (Antibioclic, recommandations SPILF/HAS).

Questions fréquentes

Faut-il prescrire un antibiotique devant une rhinorrhée purulente ?

Non, pas de façon isolée. Dans la rhinopharyngite aiguë, la couleur des sécrétions ne signe pas une infection bactérienne. Les recommandations françaises (ANSM, SPILF/Antibioclic) ne retiennent pas d'indication à l'antibiothérapie dans cette situation.

Quelle durée d'évolution est attendue ?

L'évolution est habituellement spontanément favorable en une dizaine de jours environ. La toux ou la rhinorrhée peuvent persister un peu plus longtemps. Les durées exactes sont à vérifier sur Antibioclic et Ameli.

Quels médicaments sont à éviter chez l'enfant ?

Les mucolytiques et mucofluidifiants sont contre-indiqués avant 2 ans, la codéine avant 12 ans. Les AINS et les vasoconstricteurs font l'objet de mises en garde de l'ANSM. Il faut vérifier les contre-indications sur la BDPM ou le Vidal.

Quand suspecter une complication bactérienne ?

Devant une otalgie ou un tympan inflammatoire, une douleur sinusienne unilatérale intense, une fièvre persistante ou biphasique, ou une aggravation après amélioration. Une réévaluation clinique est alors nécessaire.

Sources

  1. 1. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps, devenue ANSM). Antibiothérapie par voie générale en pratique courante dans les infections respiratoires hautes de l'adulte et de l'enfant. Recommandations de bonne pratique. 2011.
  2. 2. Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF). Antibioclic : conseil en antibiothérapie en soins primaires, rubrique ORL (rhinopharyngite aiguë). Consulté en 2025.
  3. 3. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et complications infectieuses graves : point d'information. 2019.
  4. 4. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Mucolytiques et mucofluidifiants : contre-indication chez l'enfant de moins de 2 ans. 2010.
  5. 5. Assurance Maladie (Ameli). Rhume (rhinopharyngite) : symptômes, évolution et traitement. Consulté en 2025.
  6. 6. Collège français d'oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervico-faciale. Référentiel d'enseignement ORL : infections rhinopharyngées et sinusiennes. Dernière édition disponible (à vérifier sur la source officielle).
Restez à jour

Recevez les nouvelles fiches documentaires

Une sélection de synthèses sourcées pour votre pratique. Pas de spam, désinscription en un clic.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir nos communications. Réservé aux professionnels de santé.

Gagnez du temps en consultation

Fiche diagnostic, cotation CCAM, scores cliniques et recherche médicale sourcée — l'assistant documentaire des médecins.

Accéder à Hippocrate MG

À lire aussi

Contenu documentaire destiné aux professionnels de santé. Il ne constitue pas un dispositif médical, ni un avis médical personnalisé, et ne remplace pas une consultation. Vérifiez toujours les informations sur les sources officielles citées.