Rhumatologie 6 min de lecture· 7 novembre 2026

Ostéoporose post-ménopausique : dépistage et traitement en France

Synthèse documentaire à destination des professionnels de santé sur le repérage, l'évaluation du risque fracturaire et la stratégie thérapeutique de l'ostéoporose post-ménopausique, d'après les référentiels français.

Par L'équipe médicale Hippocrate MG

Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé. Ne constitue pas un avis médical personnalisé ni un dispositif médical. Référez-vous aux sources officielles citées.

Points clés

  • ✓L'ostéoporose est une maladie silencieuse, souvent révélée par une fracture : le repérage repose sur les facteurs de risque cliniques.
  • ✓L'ostéodensitométrie (DXA) est prise en charge dans des indications définies, et le T-score seul ne suffit pas à décider du traitement.
  • ✓La décision thérapeutique intègre l'âge, les antécédents de fracture, les facteurs de risque (dont FRAX) et la DXA.
  • ✓Les bisphosphonates restent le plus souvent le traitement de première intention, avec une réévaluation périodique.
  • ✓L'arrêt du dénosumab expose à un risque de fractures vertébrales multiples : un relais doit être prévu.

En bref

•L'ostéoporose se définit par une fragilité osseuse (baisse de la masse osseuse et altération de la microarchitecture) qui augmente le risque de fracture.
•Chez la femme ménopausée, la carence estrogénique accélère la perte osseuse.
•Les fractures les plus fréquentes sont vertébrales, du poignet et de l'extrémité supérieure du fémur. Cette dernière est associée à une morbi-mortalité importante.
•Le seuil densitométrique OMS est un T-score inférieur ou égal à -2,5 DS. Il définit l'ostéoporose densitométrique mais ne résume pas le risque fracturaire.
•Les référentiels français de référence sont ceux de la HAS, de l'ANSM et du GRIO/Société française de rhumatologie. Les valeurs précises et les actualisations sont à vérifier sur la source officielle.

Reconnaître : facteurs de risque et signes cliniques

•L'ostéoporose est le plus souvent asymptomatique avant la première fracture.
•Signes évocateurs d'une fracture vertébrale : rachialgie aiguë, perte de taille, majoration de la cyphose dorsale. Ces fractures sont souvent non diagnostiquées.
•Facteurs de risque à rechercher à l'interrogatoire :
–antécédent personnel de fracture non traumatique ;
–antécédent de fracture de l'extrémité supérieure du fémur chez un parent du premier degré ;
–ménopause précoce, indice de masse corporelle bas ;
–tabagisme, consommation excessive d'alcool ;
–risque de chute ;
–corticothérapie systémique prolongée, hyperthyroïdie, hyperparathyroïdie, malabsorption ;
–traitements inhibiteurs de l'aromatase ou hormonothérapie anti-androgénique, qui relèvent d'un contexte particulier.
•Rechercher également les causes secondaires d'ostéoporose, qui peuvent modifier la prise en charge.

Démarche diagnostique et dépistage

•En France, il n'existe pas de dépistage systématique en population générale par DXA. La stratégie repose sur le repérage des femmes à risque.
•L'ostéodensitométrie par DXA est remboursée dans des indications précisées par la HAS, par exemple :
–fracture non traumatique (vertébrale ou périphérique, selon les critères de la HAS) ;
–corticothérapie prolongée ;
–ménopause précoce ;
–indice de masse corporelle bas ;
–antécédent familial de fracture de l'extrémité supérieure du fémur.

La liste exacte et les seuils sont à vérifier dans le référentiel HAS.

•Une DXA normale ne dispense pas de réévaluer le risque en cas de survenue d'un nouveau facteur de risque.
•Bilan biologique de première intention, habituellement proposé pour écarter une cause secondaire : calcémie, phosphatémie, créatininémie avec estimation du débit de filtration glomérulaire, 25-OH vitamine D, numération formule sanguine, TSH. Selon le contexte : PTH, électrophorèse des protéines sériques, marqueurs de remodelage.
•Imagerie vertébrale (radiographie ou évaluation morphométrique) en cas de rachialgie ou de perte de taille.
•L'outil FRAX peut aider à estimer le risque de fracture à 10 ans. Les seuils d'intervention français dépendent de l'âge et sont à vérifier dans les recommandations GRIO/SFR.

Prise en charge

•Mesures générales pour toutes les patientes :
–activité physique adaptée, prévention des chutes ;
–arrêt du tabac, limitation de l'alcool ;
–apports calciques alimentaires suffisants, supplémentation en cas d'insuffisance d'apports ;
–correction d'une carence en vitamine D.

Les apports de référence sont à vérifier sur la source officielle.

•Indication du traitement médicamenteux : décision individualisée selon la fracture antérieure, le risque estimé (âge, FRAX, T-score) et les comorbidités. Après une fracture récente, le risque de refracture imminent justifie une prise en charge rapide.
•Options médicamenteuses disponibles en France :
–bisphosphonates (alendronate, risédronate, ibandronate, zolédronate), généralement en première intention ;
–dénosumab ;
–raloxifène ;
–tériparatide ;
–romosozumab, réservé aux formes sévères selon l'AMM et les conditions de prise en charge (à vérifier).
•Les conditions de remboursement diffèrent selon les molécules et sont à vérifier sur la base du médicament et auprès de l'Assurance Maladie.
•Les traitements hormonaux de la ménopause ne sont pas des traitements de première intention de l'ostéoporose isolée.
•Précautions avec les bisphosphonates : fonction rénale, hypocalcémie corrigée avant instauration, voie orale (observance, tolérance œsophagienne), bilan bucco-dentaire. Risques rares : ostéonécrose de la mâchoire et fractures fémorales atypiques.
•Dénosumab : l'arrêt est associé à un risque de fractures vertébrales multiples. L'ANSM et les sociétés savantes recommandent de ne pas l'interrompre sans stratégie de relais, généralement par un bisphosphonate (modalités à vérifier).
•Suivi : évaluer l'observance et la tolérance, surveiller les fractures et la taille. Une réévaluation du traitement est proposée après plusieurs années, en fonction du risque résiduel. Une pause thérapeutique concerne certains bisphosphonates, selon le risque et la durée de traitement (à vérifier dans les recommandations).

Signes d'alerte et orientation

•Orienter vers un rhumatologue ou un service spécialisé dans les situations suivantes :
–fracture sévère ou multiple ;
–refracture sous traitement ;
–suspicion d'ostéoporose secondaire ;
–insuffisance rénale ou contre-indication aux traitements usuels ;
–discussion d'un traitement anabolisant ;
–ostéoporose cortico-induite complexe.
•Penser à un diagnostic différentiel en cas de douleur osseuse inhabituelle, de fracture vertébrale atypique ou d'anomalies biologiques évocatrices : myélome, métastases, ostéomalacie, hyperparathyroïdie.
•Rachialgie brutale avec déficit neurologique, fracture du col fémoral, douleur de cuisse ou d'aine sous bisphosphonate (fracture atypique à rechercher), douleur ou signes bucco-dentaires inhabituels : avis médical rapide.

Questions fréquentes

Une ostéodensitométrie est-elle systématique à la ménopause ?

Non. Il n'existe pas de dépistage systématique en France. La DXA est remboursée dans des indications précises définies par la HAS (fracture non traumatique, corticothérapie prolongée, ménopause précoce, etc.). Les critères exacts sont à vérifier sur la source officielle.

Un T-score inférieur ou égal à -2,5 impose-t-il toujours un traitement ?

Non. Le T-score définit l'ostéoporose densitométrique, mais la décision thérapeutique intègre l'âge, les antécédents de fracture, les facteurs de risque (dont FRAX) et les comorbidités, selon les recommandations GRIO/SFR.

Quel traitement est habituellement proposé en première intention ?

Les bisphosphonates sont le plus souvent utilisés en première intention, avec correction préalable d'une carence en vitamine D et contrôle de la calcémie et de la fonction rénale. Le choix dépend du profil de risque et des contre-indications (Vidal, BDPM).

Que faut-il prévoir à l'arrêt du dénosumab ?

L'arrêt est associé à un risque de fractures vertébrales multiples. Un relais thérapeutique, le plus souvent par bisphosphonate, doit être anticipé. Les modalités sont à vérifier auprès de l'ANSM et des sociétés savantes.

Sources

  1. 1. Haute Autorité de santé. Ostéodensitométrie osseuse par méthode biphotonique (DXA) : indications et remboursement dans le diagnostic de l'ostéoporose. Saint-Denis La Plaine : HAS ; 2006 (actualisation éventuelle à vérifier). Disponible sur : https://www.has-sante.fr
  2. 2. Briot K, Roux C, Thomas T, et al. 2018 update of French recommendations on the management of postmenopausal osteoporosis. Joint Bone Spine. 2018 (Groupe de Recherche et d'Information sur les Ostéoporoses, Société française de rhumatologie).
  3. 3. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Informations de sécurité sur les médicaments de l'ostéoporose (bisphosphonates, dénosumab) : ostéonécrose de la mâchoire, fractures atypiques, arrêt du dénosumab. Années de publication à vérifier. Disponible sur : https://ansm.sante.fr
  4. 4. Assurance Maladie (Ameli). Ostéoporose : informations et conditions de prise en charge. Disponible sur : https://www.ameli.fr
  5. 5. Base de données publique des médicaments. Résumés des caractéristiques du produit des traitements de l'ostéoporose. Disponible sur : https://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
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