Fièvre de l'enfant : conduite à tenir et signes de gravité
Synthèse documentaire à destination des professionnels de santé sur la prise en charge de la fièvre aiguë de l'enfant : repérage des signes de gravité, traitement symptomatique et critères d'orientation.
Par L'équipe médicale Hippocrate MG
Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé. Ne constitue pas un avis médical personnalisé ni un dispositif médical. Référez-vous aux sources officielles citées.
Points clés
- ✓La fièvre est un symptôme généralement bénin : l'enjeu est de repérer une infection bactérienne grave et d'évaluer la tolérance, non de normaliser la température.
- ✓Tout nourrisson de moins de 3 mois fébrile (température d'au moins 38 °C) relève d'une évaluation médicale urgente, le plus souvent hospitalière.
- ✓Le purpura fébrile, en particulier extensif ou ecchymotique, est une urgence vitale : antibiothérapie parentérale immédiate puis transfert médicalisé.
- ✓Le paracétamol reste l'antipyrétique de première intention ; l'association ou l'alternance systématique de molécules n'est pas recommandée.
- ✓Une réévaluation est nécessaire en cas d'aggravation, de persistance de la fièvre ou d'apparition de nouveaux signes.
En bref
Reconnaître : évaluer la tolérance et repérer les signes de gravité
Démarche diagnostique
Prise en charge
Signes d'alerte et quand orienter
Questions fréquentes
À partir de quelle température parle-t-on de fièvre chez l'enfant ?
Les référentiels français retiennent classiquement une température centrale d'au moins 38 °C. La voie rectale ou un thermomètre électronique validé est privilégié (Afssaps, 2005). La mesure doit être interprétée avec l'état clinique, non isolément.
Faut-il systématiquement faire baisser la fièvre ?
Non. Le traitement antipyrétique vise le confort de l'enfant lorsque la fièvre est mal tolérée. Il n'a pas pour objectif de normaliser la température et n'empêche pas les convulsions fébriles (Afssaps, 2005).
Peut-on associer ou alterner paracétamol et ibuprofène ?
Une association ou alternance systématique n'est pas recommandée. Le paracétamol est utilisé en première intention. L'ibuprofène, en cas d'usage, requiert une vigilance particulière (varicelle, infection cutanée, déshydratation) selon les alertes de l'ANSM (2019). Posologies à vérifier sur la BDPM.
Quand faut-il craindre une méningite devant une fièvre ?
En présence de raideur de nuque, céphalées intenses, vomissements, troubles de conscience, fontanelle bombée chez le nourrisson ou purpura. Chez le nourrisson, les signes sont souvent peu spécifiques (irritabilité, hypotonie, refus alimentaire). La prise en charge relève du référentiel SPILF sur les méningites bactériennes.
Sources
- 1. Afssaps (ANSM). Prise en charge de la fièvre chez l'enfant : recommandations de bonne pratique. 2005.
- 2. ANSM. Anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, kétoprofène) et risque de complications infectieuses graves : point d'information. 2019.
- 3. SPILF. Prise en charge des méningites bactériennes aiguës communautaires (à l'exclusion du nouveau-né) : recommandations. 2008 (actualisation à vérifier sur le site de la SPILF).
- 4. Base de données publique des médicaments (BDPM) / Vidal. Résumés des caractéristiques du produit : paracétamol et ibuprofène, formes pédiatriques. Données à consulter dans leur version en vigueur.
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