Urologie 6 min de lecture· 7 novembre 2026

Colique néphrétique : diagnostic et prise en charge de la crise

Synthèse documentaire sur la colique néphrétique aiguë de l'adulte : reconnaissance clinique, examens utiles, stratégie antalgique et situations imposant une prise en charge urgente en milieu spécialisé.

Par L'équipe médicale Hippocrate MG

Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé. Ne constitue pas un avis médical personnalisé ni un dispositif médical. Référez-vous aux sources officielles citées.

Points clés

  • ✓Le diagnostic est d'abord clinique ; la bandelette urinaire et la recherche de signes de gravité sont systématiques.
  • ✓Les AINS sont le traitement antalgique de première intention en l'absence de contre-indication.
  • ✓Une colique néphrétique fébrile, anurique, sur rein unique ou hyperalgique est une urgence urologique (obstruction + infection possible).
  • ✓L'imagerie (scanner sans injection à faible dose en pratique courante) confirme le diagnostic et guide la suite.
  • ✓Un suivi urologique et des mesures de prévention de la récidive sont à organiser après la crise.

En bref

•La colique néphrétique (CN) correspond à la douleur liée à l'obstruction aiguë des voies excrétrices supérieures, le plus souvent par un calcul.
•Il s'agit d'un motif fréquent de recours aux urgences ; la majorité des épisodes non compliqués évoluent vers l'expulsion spontanée des petits calculs.
•L'enjeu est double : soulager rapidement la douleur et repérer les formes compliquées (infection, insuffisance rénale obstructive, terrain à risque).
•Cette fiche est une synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé ; elle ne se substitue ni au jugement clinique ni aux référentiels officiels.

Reconnaître la colique néphrétique

•Douleur lombaire ou lombo-abdominale unilatérale, de début brutal, intense, paroxystique, irradiant vers la fosse iliaque et les organes génitaux externes.
•Patient agité, ne trouvant pas de position antalgique (contraste avec la douleur péritonéale).
•Signes associés fréquents : nausées, vomissements, pollakiurie ou impériosités, hématurie macroscopique ou microscopique.
•Antécédents à rechercher : lithiase connue, épisodes antérieurs, rein unique, uropathie, greffe rénale, insuffisance rénale chronique, grossesse, anticoagulants.
•Examen : température, pression artérielle, fréquence cardiaque, recherche d'une sensibilité de la fosse lombaire, d'un globe vésical, d'un syndrome abdominal chirurgical.
•Diagnostics différentiels à garder en tête : pyélonéphrite aiguë, anévrisme de l'aorte abdominale rompu ou fissuré, appendicite, pathologie annexielle ou grossesse extra-utérine, torsion testiculaire, diverticulite, pathologie biliaire, infarctus rénal.

Démarche diagnostique

•Bandelette urinaire : recherche d'hématurie, de leucocytes et de nitrites. Une hématurie est fréquente mais son absence n'exclut pas le diagnostic.
•ECBU en cas de bandelette évocatrice d'infection ou de fièvre.
•Biologie : créatinine (fonction rénale), et selon le contexte CRP, numération formule sanguine, ionogramme ; hémocultures en cas de fièvre ou de sepsis suspecté.
•Test de grossesse (βhCG) chez toute femme en âge de procréer avant l'imagerie et le choix thérapeutique.
•Imagerie : le scanner abdomino-pelvien sans injection, à faible dose d'irradiation, est l'examen de référence pour confirmer le calcul, préciser sa taille, sa localisation et le retentissement. L'échographie rénale et vésicale (éventuellement associée à un cliché d'abdomen sans préparation) est une alternative, à privilégier chez la femme enceinte et l'enfant.
•Le délai et l'indication de l'imagerie dépendent de la présentation (forme compliquée = imagerie urgente) ; les modalités exactes sont à vérifier sur les référentiels de l'AFU et de la SFMU.
•Taille et siège du calcul conditionnent la probabilité d'expulsion spontanée : les valeurs précises sont à vérifier sur la source officielle.

Prise en charge de la crise

•Objectif prioritaire : analgésie rapide, avec évaluation répétée de la douleur (échelle validée).
•Première intention : AINS par voie adaptée à l'intensité de la douleur, en l'absence de contre-indication (insuffisance rénale, antécédent d'ulcère ou d'hémorragie digestive, allergie, insuffisance cardiaque sévère, grossesse selon le terme, déshydratation, fièvre ou suspicion d'infection). Posologies et durée : se référer au RCP (Base de données publique des médicaments) et aux recommandations de l'AFU.
•Rappel ANSM : prudence avec les AINS en contexte infectieux, en raison du risque de complications infectieuses graves ; à ne pas utiliser en cas de CN fébrile sans avis spécialisé.
•Si AINS contre-indiqués ou insuffisants : paracétamol, puis antalgiques opioïdes selon le niveau de douleur et le terrain, avec surveillance.
•Les antispasmodiques n'ont pas démontré de bénéfice net ; l'hyperhydratation forcée n'est pas recommandée (à vérifier sur la conférence de consensus et les référentiels actuels).
•Traitement médical expulsif (alpha-bloquants) : utilisé dans certaines situations pour des calculs de l'uretère distal ; statut d'AMM et indications à vérifier sur la source officielle.
•Femme enceinte : avis obstétrical et urologique ; choix des médicaments à vérifier sur le site du CRAT.
•Retour à domicile possible pour une CN simple, douleur contrôlée, fonction rénale normale, absence de fièvre et de terrain à risque : prescription antalgique, consigne de filtrer les urines pour récupérer le calcul à analyser, consultation d'urologie programmée et critères de reconsultation explicites.
•Après la crise : analyse du calcul, bilan métabolique selon le contexte, mesures hygiéno-diététiques de prévention (apport hydrique suffisant notamment), à adapter à la nature du calcul.

Signes d'alerte et orientation

•CN fébrile (ou frissons, signes de sepsis) : urgence ; obstacle infecté nécessitant un drainage des urines (sonde urétérale ou néphrostomie percutanée), antibiothérapie probabiliste puis adaptée, hospitalisation.
•Anurie, oligurie, insuffisance rénale aiguë ou rein unique (anatomique ou fonctionnel), greffe rénale : avis urologique urgent.
•Douleur résistante aux antalgiques de palier approprié (CN hyperalgique) : hospitalisation, avis spécialisé.
•Grossesse, patient immunodéprimé, uropathie malformative, anticoagulation avec hématurie importante : orientation hospitalière à discuter.
•Doute diagnostique, notamment sujet âgé ou facteurs de risque vasculaires : éliminer une urgence vasculaire ou chirurgicale avant de retenir une CN.
•Calcul volumineux ou non expulsé, douleurs récidivantes : avis urologique pour discuter lithotritie extracorporelle, urétéroscopie ou autre prise en charge instrumentale.

Questions fréquentes

Quel examen d'imagerie réaliser devant une colique néphrétique ?

Le scanner abdomino-pelvien sans injection, à faible dose, est l'examen de référence pour confirmer la lithiase. L'échographie, éventuellement avec un ASP, reste une option, en particulier chez la femme enceinte et l'enfant. Les indications et délais sont à vérifier sur les recommandations de l'AFU et de la SFMU.

Les AINS sont-ils toujours indiqués dans la colique néphrétique ?

Ils sont le traitement de première intention en l'absence de contre-indication (insuffisance rénale, antécédent digestif, grossesse selon le terme, allergie). En cas de fièvre ou d'infection suspectée, l'ANSM alerte sur le risque de complications infectieuses graves : un avis spécialisé est nécessaire. Posologies : se référer au RCP.

Quand une colique néphrétique justifie-t-elle une hospitalisation ?

En cas de fièvre, d'anurie ou d'insuffisance rénale aiguë, de rein unique, de douleur non contrôlée par les antalgiques, de grossesse ou de terrain à risque (greffe, immunodépression). Une obstruction infectée impose un drainage urgent.

Quelle surveillance après la crise ?

Prévoir une consultation d'urologie, la récupération et l'analyse du calcul, un bilan métabolique selon le profil du patient et des conseils de prévention de la récidive, notamment un apport hydrique suffisant. Les modalités exactes sont à vérifier sur les référentiels de l'AFU.

Sources

  1. 1. Société francophone de médecine d'urgence (SFMU). Conférence de consensus : la colique néphrétique de l'adulte. 1999.
  2. 2. Association française d'urologie (AFU). Recommandations de bonne pratique sur la lithiase urinaire et la colique néphrétique. Référentiels AFU en vigueur, à vérifier sur la source officielle (urofrance.org).
  3. 3. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : rappel sur le bon usage et le risque de complications infectieuses graves. 2019.
  4. 4. Collège Français des Urologues. Référentiel de préparation aux épreuves classantes nationales : lithiase urinaire. Édition en vigueur, à vérifier sur la source officielle.
  5. 5. Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT). Fiches médicaments et grossesse. Consultation en ligne (lecrat.fr), à vérifier pour chaque molécule.
  6. 6. Base de données publique des médicaments (BDPM). Résumés des caractéristiques du produit (RCP) des AINS et antalgiques. Consultation en ligne (base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr).
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