Cardiologie 6 min de lecture· 7 novembre 2026

Angor stable : diagnostic et orientation du patient

Synthèse documentaire à l'usage des professionnels de santé sur la démarche diagnostique devant une suspicion d'angor stable, la stratégie thérapeutique et les situations nécessitant une orientation urgente ou spécialisée.

Par L'équipe médicale Hippocrate MG

Synthèse documentaire destinée aux professionnels de santé. Ne constitue pas un avis médical personnalisé ni un dispositif médical. Référez-vous aux sources officielles citées.

Points clés

  • ✓Le diagnostic d'angor repose d'abord sur l'interrogatoire : siège, caractère d'effort, soulagement au repos ou par dérivés nitrés.
  • ✓L'ECG de repos, un bilan biologique de base et l'évaluation du risque cardiovasculaire sont systématiques.
  • ✓Le choix du test non invasif dépend de la probabilité pré-test, du terrain et de la disponibilité locale.
  • ✓Le traitement associe contrôle des symptômes, prévention secondaire et correction des facteurs de risque.
  • ✓Toute douleur de repos, prolongée ou d'aggravation rapide doit faire évoquer un syndrome coronarien aigu et conduire à un appel au 15.

En bref

•L'angor stable (ou angor d'effort) est la manifestation symptomatique la plus fréquente de la maladie coronarienne stable, liée à un déséquilibre transitoire entre apport et besoins en oxygène du myocarde.
•La démarche vise à confirmer le diagnostic, évaluer le pronostic (fonction ventriculaire gauche, étendue de l'ischémie) et définir la stratégie : traitement médical optimisé, avec ou sans revascularisation.
•La maladie coronarienne figure parmi les affections de longue durée (ALD) : à vérifier sur la source officielle (Assurance Maladie) pour les modalités de prise en charge.
•Cette fiche est une synthèse documentaire : elle ne se substitue ni au jugement clinique ni aux référentiels officiels cités en fin de document.

Reconnaître l'angor : signes cliniques

•Caractéristiques de la douleur typique, selon les trois critères classiquement retenus :
–douleur rétrosternale constrictive (oppression, serrement), pouvant irradier vers le bras gauche, la mâchoire ou le dos ;
–déclenchée par l'effort, le froid ou une émotion ;
–cédant en quelques minutes à l'arrêt de l'effort ou après dérivé nitré d'action rapide.
•Classification usuelle : douleur typique (3 critères), atypique (2 critères), non angineuse (0 ou 1 critère).
•Évaluation de la sévérité fonctionnelle par la classification de la Canadian Cardiovascular Society (classes I à IV).
•Présentations atypiques à garder en tête : dyspnée d'effort isolée, épigastralgies, symptômes plus trompeurs chez la femme, la personne âgée et le patient diabétique.
•Facteurs de risque et terrain à documenter : âge, sexe, tabagisme, hypertension artérielle, diabète, dyslipidémie, antécédents familiaux précoces, maladie athéromateuse connue, insuffisance rénale chronique.
•Diagnostics différentiels : causes pariétales, œsophagiennes, péricardiques, pulmonaires, rétrécissement aortique, cardiomyopathie hypertrophique, anémie, trouble du rythme.

Démarche diagnostique

•Examens de première intention :
–examen clinique complet (pression artérielle aux deux bras, auscultation cardiaque et vasculaire, signes d'insuffisance cardiaque) ;
–ECG de repos de 12 dérivations, souvent normal en dehors des crises, à comparer aux tracés antérieurs ;
–biologie : glycémie, bilan lipidique, créatininémie avec estimation du débit de filtration glomérulaire, numération formule sanguine ; autres examens selon le contexte clinique ;
–échocardiographie transthoracique de repos pour évaluer la fonction ventriculaire gauche et rechercher une valvulopathie ou une cardiomyopathie.
•Estimation de la probabilité pré-test de maladie coronarienne obstructive (selon âge, sexe, caractère de la douleur) : elle guide le choix du test. Les tableaux de référence sont à consulter dans les recommandations de la HAS et de la Société française de cardiologie (SFC).
•Tests non invasifs selon le contexte :
–tests fonctionnels d'ischémie : épreuve d'effort, échocardiographie de stress, scintigraphie myocardique, IRM de stress ;
–angioscanner coronaire (coroscanner), utile surtout pour exclure une maladie coronarienne lorsque la probabilité pré-test est faible à intermédiaire.
•Le choix dépend de la probabilité pré-test, de la capacité du patient à l'effort, de l'ECG de base, des contre-indications et de l'accès local aux plateaux techniques.
•Coronarographie : réservée en général aux situations de forte probabilité clinique, de symptômes sévères ou réfractaires au traitement, de dysfonction ventriculaire gauche ou de test non invasif à haut risque. Les indications précises sont à vérifier sur la source officielle.

Prise en charge

•Objectifs : réduire les symptômes, améliorer le pronostic et corriger les facteurs de risque.
•Traitement anti-angineux :
–dérivé nitré d'action rapide pour les crises, avec information du patient sur son usage ;
–traitement de fond : bêtabloquant et/ou inhibiteur calcique bradycardisant en première intention ; autres classes selon les recommandations et le profil du patient ;
–ajustement individuel selon la fréquence cardiaque, la pression artérielle, la fonction ventriculaire et les comorbidités. Posologies et contre-indications : se référer au RCP (base publique des médicaments, Vidal/BDPM).
•Prévention secondaire :
–antiagrégant plaquettaire, selon l'indication et le profil hémorragique ;
–statine, avec objectif de LDL-cholestérol à définir selon les recommandations en vigueur ;
–inhibiteur de l'enzyme de conversion ou antagoniste des récepteurs de l'angiotensine II en cas d'hypertension, de diabète ou de dysfonction ventriculaire gauche.
•Mesures non médicamenteuses : arrêt du tabac, activité physique adaptée, alimentation, contrôle pondéral, prise en charge du diabète et de l'hypertension, vaccinations selon le calendrier vaccinal.
•Réadaptation cardiaque à discuter, notamment après événement ou revascularisation.
•Revascularisation (angioplastie ou pontage) : décision collégiale avec le cardiologue, selon les symptômes persistants sous traitement, l'étendue de l'ischémie, l'anatomie coronaire et la fonction ventriculaire.
•Suivi : réévaluation régulière des symptômes, de l'observance, de la tolérance, des paramètres biologiques et des facteurs de risque ; avis cardiologique en cas de modification clinique.

Signes d'alerte et orientation

•Appel immédiat du SAMU-Centre 15 devant :
–douleur thoracique de repos ou prolongée, non cédant rapidement après dérivé nitré ;
–douleur d'apparition récente et intense, ou d'aggravation rapide (crescendo) ;
–douleur associée à une dyspnée, une syncope, des sueurs, des nausées, un trouble du rythme ou une hypotension.
•Avis cardiologique rapide ou urgent :
–angor de classe CCS élevée ou invalidant malgré le traitement ;
–suspicion d'insuffisance cardiaque, de rétrécissement aortique serré ou de dysfonction ventriculaire gauche ;
–résultat de test d'ischémie à haut risque ;
–doute diagnostique persistant après bilan initial.
•Avis cardiologique programmé : confirmation diagnostique, bilan d'extension, discussion thérapeutique et suivi partagé entre médecin traitant et cardiologue.
•Pour toute situation, se référer aux recommandations officielles en vigueur, à vérifier sur la source officielle.

Questions fréquentes

Quels sont les critères cliniques d'une douleur angineuse typique ?

Trois critères sont classiquement retenus : douleur rétrosternale constrictive, déclenchée par l'effort ou l'émotion, et cédant en quelques minutes au repos ou après dérivé nitré. Le détail de la classification est à consulter dans les référentiels de la HAS et de la SFC.

Quel examen non invasif choisir en première intention ?

Le choix repose sur la probabilité pré-test, le terrain du patient et l'accès local aux examens. Le coroscanner est surtout utile en probabilité faible à intermédiaire ; les tests fonctionnels d'ischémie sont privilégiés dans d'autres situations. Voir les recommandations de la HAS et de la SFC.

Un ECG de repos normal exclut-il un angor stable ?

Non. L'ECG de repos est fréquemment normal en dehors des crises. Il reste un examen systématique de première intention, mais ne permet pas à lui seul d'écarter le diagnostic.

Quand une douleur thoracique doit-elle faire évoquer un syndrome coronarien aigu ?

Devant une douleur de repos, prolongée, d'apparition récente et sévère ou d'aggravation rapide, avec ou sans signes associés. Une prise en charge urgente par appel au 15 est alors indiquée.

Sources

  1. 1. Haute Autorité de santé. Guide du parcours de soins : maladie coronarienne stable. 2016 (version à vérifier sur has-sante.fr).
  2. 2. Haute Autorité de santé. Maladie coronarienne : actes et prestations, affection de longue durée (ALD 13). Année de mise à jour à vérifier sur has-sante.fr.
  3. 3. Société française de cardiologie. Recommandations et documents de consensus sur la maladie coronarienne chronique. Année à vérifier sur sfcardio.fr.
  4. 4. Collège national des cardiologues des hôpitaux et enseignants. Cardiologie : item Angine de poitrine et infarctus myocardique (programme EDN). Année à vérifier sur la source officielle.
  5. 5. Assurance Maladie (Ameli). Maladie coronarienne : prise en charge et ALD pour les professionnels de santé. Année de consultation à vérifier sur ameli.fr.
  6. 6. Base de données publique des médicaments (BDPM) et Vidal. Résumés des caractéristiques du produit des anti-angineux, antiagrégants et statines. Consultation à vérifier sur base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr.
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Contenu documentaire destiné aux professionnels de santé. Il ne constitue pas un dispositif médical, ni un avis médical personnalisé, et ne remplace pas une consultation. Vérifiez toujours les informations sur les sources officielles citées.